Mâts-évènements – Commande publique pour le CNAP en cours

Mâts-évènements, commande artistique pour le nouveau bâtiment du Centre National des Arts Plastiques à Pantin.

Travailler pour l’espace public, c’est prolonger cette réflexion sur la perception et l’interaction avec l’environnement. Pour cette commande du Centre National des Arts Plastiques, j’ai voulu inscrire mon intervention dans une dynamique de dialogue avec l’architecture, la lumière et le mouvement.
L’œuvre proposée donne forme à des recherches autour de la visibilité changeante, des rapport entre le corps et l’espace, et à la transformation de la matière par la lumière et le vent.
C’est dans cet esprit que j’ai conçu l’œuvre Mâts-évènements, une installation qui vient habiter la façade du nouveau bâtiment du Cnap à Pantin, jouant avec les reflets, les flux d’air, les éclats lumineux, pour inscrire le site dans une temporalité sensible et vivante.

Présentation du projet

Les Mâts-évènement est une installation pensée pour se situer devant la façade publique du bâtiment, tournée vers le sud, face à la rue Cartier-Bresson. Cet espace fonctionne comme une zone de transition entre l’institution et la ville, un lieu traversé par la lumière et les flux d’air, où les mouvements des usagers, des œuvres et des passants dessinent une géographie en perpétuelle recomposition.

Cinq Mâts-évènements s’élèvent ici à des hauteurs différentes, entre 5 et 8 mètres, à la fois signal du bâtiment, sculptures, assises et capteurs de mouvement. Plus que de simples repères visuels, ils agissent comme des interfaces sensibles, traduisant les forces invisibles qui structurent l’espace.
Leur présence est mouvante : ils captent et rediffusent la lumière, réagissent aux souffles d’air, vibrent sous l’effet du climat et des déplacements.
Ils sont « habillés » de formes géométriques, cercles et triangles, dont les matériaux miroirs inox déformants ou verres, jouent sur la diffraction, la réflexion, la couleur.
Les éléments fixes (inox, verres dichroïques) tout comme les éléments mobiles sont répartis sur les mâts selon des proportions dorées, tout comme la hauteur des mâts.

Les verres dichroïques, recouverts d’une fine couche d’oxyde métallique, possèdent une double qualité : ils réfléchissent la lumière tout en la colorant, et ils laissent aussi filtrer une transparence teintée qui évolue selon l’angle de vue. Les miroirs ondulés en inox poli, renvoient une image fragmentée et mouvante de leur environnement, transformant le réel en une abstraction de formes et de mouvements.
Lorsque le soleil les atteint, ils projettent des éclats lumineux, répercutant des fragments de lumière sur le sol et les façades alentour.

Le mouvement ne se limite pas à l’optique. Les mâts sont dotés d’éléments mobiles : girouettes, anémomètres, petites éoliennes, qui réagissent aux courants d’air et inscrivent dans l’espace une présence en constante évolution. Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas la mesure du vent, mais sa matérialisation. Il ne s’agit pas d’un instrument scientifique, mais d’un dispositif qui rend tangible une force habituellement invisible.
À leur base, deux anneaux forme une large assise, invitant à un moment de pause toutes les personnes accédant au bâtiment, qu’elles en soient des usagers réguliers ou des visiteurs ponctuels.

À l’intérieur du bâtiment, dans le hall d’accueil, un écho lumineux prolonge cette interaction. Trois éléments circulaires en verre dichroïque, suspendus comme des enseignes flottantes, captent la lumière et la rediffusent en taches colorées projetées sur les murs et le sol. Grâce à la transparence du bâtiment, ces éclats lumineux viendront parfois traverser les baies vitrées, s’infiltrer dans les bureaux ou la salle de consultation, reliant ainsi l’intérieur et l’extérieur dans un dialogue subtil et changeant.

Comme des drapeaux hissés devant certains bâtiments, ces mâts portent couleurs, reflets et mouvements – autant de composantes de l’art qui résonnent avec l’espace et le moment présent. Une œuvre en perpétuelle recomposition, qui se révèle différemment selon l’instant et le regard de celui qui l’observe. Une œuvre qui fait écho aux missions du Cnap.

Commencé en 2024, les Mâts-Évènements seront installés avant le 1er trimestre 2027.